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Lancement du projet « Ensemble pour un avortement sécurisé et sans stigmatisation au Burkina Faso »

La Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso (CAPSSR-BF) a lancé, hier 31 mai 2018, à Ouagadougou, un projet de plaidoyer en faveur  d’un accès, dans des conditions sécurisées, de l’avortement légal.

Les acteurs de la promotion de la santé sexuelle continuent le plaidoyer pour alléger les procédures d’accès à un avortement « sécurisé », dans les conditions prévues par la loi. En effet, le législateur burkinabé a prévu qu’une grossesse peut être interrompue par des médecins, si elle est issue d’un viol ou d’une relation incestueuse établie, ou si son maintien met en danger la vie de la mère, ou encore le bébé à naitre est atteint d’une malformation grave. Cette interruption doit intervenir dans les 12 premières semaines de la grossesse.

Le 31 mai dernier, la Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso (CAPSSR-BF) a lancé, officiellement un projet dénommé « Ensemble pour un avortement sécurisé et sans stigmatisation au Burkina Faso ». La CAPSSR a soumissionné, en mai 2016, à un appel à projet du Fonds d’action pour l’avortement médicalisé (SAAF). Le coût dudit projet est de 101 270 300 FCFA (environ 179 975 dollars américains), il a une durée de 3 ans (1er avril 2018 au 30 mars 2021). « Aujourd’hui, les textes sont faits de sorte que si une femme violée veut avorter, d’ici là qu’elle épuise toutes les procédures, sa grossesse dépassera les 12 semaines autorisées », a déploré la présidente du Conseil d’administration de la CAPSSR-BF, Mariam Nonguierma. Le présent projet vise à vulgariser les textes juridiques favorables pour avoir accès à un avortement légal et sécurisé au Burkina Faso. « A travers ce projet, nous procèderons au renforcement de capacités légales des professionnels de la santé sur la prise en charge des cas d’avortement; des officiers de polices judiciaires pour le traitement des dossiers juridiques en matières d’avortement », a expliqué Awa Yanogo, chargé de projet de la CAPSSR-BF. Aussi, Pour ce faire, les sessions de formations seront organisées au profit d’une centaine d’acteurs de la santé et de la justice, à travers le pays. « Ce sera également le lieu de plaider auprès des leaders politiques et religieux afin qu’ils interviennent pour briser le caractère tabou de l’avortement pour réduire les cas de stigmatisations », a ajouté Mme Yanogo. Le projet conduira un ensemble d’activités  programmées pour réduire le taux d’avortements clandestins et mettre fin à la stigmatisation. Il s’agit essentiellement d’ateliers de partage d’expérience, de rencontres avec des parlementaires, des campagnes de sensibilisation dans six autres grandes villes du Burkina, outre la capitale.