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Formation des champions sur comment réduire la stigmatisation face aux cas d’avortements

Il s’est tenu à Ouagadougou les 25,26 et 27 Octobre dans la salle de conférence du Liptako N’gourma un atelier de formation portant sur le thème suivant : « comment réduire la stigmatisation face aux cas d’avortement » initie par la Communauté d’Action pour la Promotion de la Santé Sexuelle et Reproductive à l’endroit de ces championnes et champions.

 

  1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

En 2015, l’annuaire statistique de la Direction Générale des Etudes et des Statistiques Sectorielles du Ministère de la santé ont dénombré près de 1960 cas d’avortements clandestins. Ce taux élevé est dû au fait qu’a l’heure actuelle, l’avortement est encore un acte mal-vu, caché et de nombreux mythes circulent autour de l’Interruption Volontaire de la Grossesse (l’IVG). Ces fausses idées, telles que « l’avortement rend infertile » ou encore « les grossesses non désirées et les IVG concernent surtout les jeunes filles », sont véhiculées par les adversaires du libre choix et participent à la stigmatisation de l’avortement. Cette stigmatisation entraine chez les femmes ayant avorté un sentiment de culpabilité, de honte. L’isolement par peur du regard des autres et le fait de garder le silence sur leur avortement sont d’autres conséquences de cette stigmatisation.  La stigmatisation est une des causes de la pratique d’avortement clandestins avec comme conséquences les hémorragies, les infections gaves   qui entrainent la mort ou la stérilité des femmes et filles victimes. Dans le but de participer à la réduction de cette stigmatisation à l’endroit des personnes qui ont subi des avortements, La Communauté d’Action pour la Promotion de la Santé Sexuelle et Reproductive au Burkina Faso (CAPSSR-BF) prévoit former ses champions sur le thème suivant : comment réduire la stigmatisation face aux cas d’avortements ?

En effet, la CAPSSR-BF qui  s’est donnée pour vision « la construction d’une société dans  laquelle les femmes et les hommes jouissent  équitablement de leurs  droits en matière de  santé sexuelle et reproductive »,  a pour  mission  de « Contribuer à l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive à travers la lutte contre les violences basées sur le genre et l’effectivité de l’avortement dans les cas et conditions prévus par la loi ».  Cette formation rentre dans le cadre des objectifs qu’elle vise qui sont entre autres de :

  • Promouvoir les droits en matière de SSR ;
  • Contribuer à améliorer le cadre juridique relatif à la SSR ;
  • Contribuer à améliorer le cadre juridique relatif à l’avortement ;
  • Contribuer à l’effectivité de l’accès à l’avortement
  • Contribuer à éliminer les différentes formes de violences basées sur le genre ;
  • Influencer les politiques nationales en faveur de la SSR, des conditions légales de l’avortement et de la lutte contre les Violences Sexuelles Basées sur le Genre au Burkina Faso.
  • Capitaliser/documenter et vulgariser les bonnes pratiques, les leçons apprises et autres formes de recherches en matière de SSR
  • Contribuer à l’effectivité de l’accès à la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents.

 

  1. OBJECTIF GENERAL

Cette formation a visé de façon générale à renforcer les capacités des membres de la CAPSSR-BF notamment les champions et championnes en vue de lutter contre les stigmatisations que subissent les personnes ayant effectué des avortements.

  1. OBJECTIF SPECIFIQUE

De façon spécifique, cette formation a été le lieu :

  • De définir les différents types de stigmatisations dont les femmes et les jeunes filles font face en cas d’avortement ;
  • D’analyser les causes et les conséquences du phénomène de stigmatisation de l’avortement ;
  • De prendre des mesures adéquates pour dénoncer les conséquences de cette stigmatisation ;
  • Identifier les initiatives mise en place s’il en existe pour réduire la stigmatisation faites aux personnes ayant avortées ;
  • De mettre en place une stratégie pour contribuer à une réduction considérable de la stigmatisation de l’avortement.

 

  1. DEROULEMENT DE L’ATELIER

Les travaux se sont déroulés sur trois (3) jours c’est-à-dire du 25 au 27 Octobre 2016. Le discours d’ouverture a été prononcé par le Professeur THIEBA présidente de La SOGOB. Dans son allocution, elle a rappelé rappeler l’intérêt du thème qui sera traité. Un mot a été également prononcé  par Monsieur KABORE de PATHFINDER INTERNATIONAL et de Madame NONGUIERMA Présidente de ABSF-M. Et pour conclure, les représentant des partenaires ont transmis leur soutien et leurs encouragements aux participants.

Prenant la parole, la formatrice Madame TRAORE/OUEDRAOGO Somkinda, a remercié également les participants pour leur présence avant de décliner la méthode de travail  pour amendements. Ainsi,  la méthode retenue est de travailler en trois séances plénières encadrées par des travaux en commissions conformément à la méthodologie proposée par la formatrice. Le chronogramme de la session de formation a également été présenté et amendée.

 

  • De la première séance plénière :

La première séance plénière était consacrée à la présentation des grandes thématiques sur la stigmatisation par les exposés sur :

  • Thème 1 : Rappel des concepts et de clarification des termes.
  • Thème 2 : Problématique et état de lieux de l’avortement au Burkina Faso
  • Thème 3 : Typologie, causes et conséquences du phénomène de stigmatisation de l’avortement
  • Des premiers travaux en commissions

A ce niveau les participants se sont mis en trois groupes pour traiter le premier exercice qui était consacrée à l’identification des causes et des conséquences des stigmatisations face aux cas d’avortements.

Ces travaux en commissions des travaux mis fin à la première journée de l’atelier.

 

  • De la deuxième séance plénière

Le deuxième jour de l’atelier a débuté avec la seconde plénière qui a consisté d’une part à la restitution de l’exercice 1 qui est l’identification des causes et des conséquences des stigmatisations face aux cas d’avortements.

La synthèse des principales causes de la stigmatisation face à l’avortement identifiées par les différents groupes sont:

Restitution des causes de la stigmatisation

  • Les règles réligieuses
  • Les croyances traditionnelles
  • Origine sociale
  • L’orgueil masculin
  • Le comportement des agents de sante
  • La règle de droit sur les avortements
  • l’insuffisance des textes juridiques
  • la rigidité des textes juridiques en matière d’avortement
  • Le manque d’information
  • La méconnaissance des textes juridiques
  • L’ignorance de la population

Restitution des conséquences de la stigmatisation

  • L’exclusion
  • La marginalisation
  • Rejet et exclusion social
  • La honte
  • La depression
  • Accroissement du taux d’avortement clandestin
  • Attribuer une réputation d’avorteur (se) a l’agent de santé
  • La sante de la femme d’une façon générale

La seconde plénière a aussi consisté à la présentation de l’expose sur les thèmes suivants :

Thème 4 : initiatives existantes de lutte contre la stigmatisation (analyse du cadre juridique de l’avortement et examen des initiatives existantes sur le terrain).

 

  • Des seconds travaux en commissions

La  deuxième journée de travail pris fin avec les travaux en commission des participants pour traiter l’exercice 2 qui consistait pour chaque groupe de traiter des thèmes spécifiques afin de proposer de définir des stratégie de lutte contre la stigmatisation. Les participants ont formes à ce niveau quatre groupes de travail qui devaient chacun traité les thèmes suivants :

  • Groupe 1 : renforcer et vulgariser l’arsenal juridique sur l’avortement
  • Groupe 2 : proposer de nouvelles stratégies d’approche de sensibilisation et éducation en matière des sr.
  • Groupe 3 : renforcer les capacités des acteurs.

 

  • De la troisième séance plénière 

De ces travaux, plusieurs constats ont été relevés par les participants :

  • la loi nationale est assez restrictive et pas assez claire en matière d’avortement au Burkina Faso ;
  • la méconnaissance des textes déjà existants par les acteurs du domaine et les populations ;
  • l’insuffisance de formation des acteurs à la base ;
  • la vulgarisation des fausses rumeurs ;
  • la stigmatisation des jeunes filles face à l’adoption des méthodes contraceptives ;
  • l’insuffisance de la synergie d’approche entre les structures qui intervient en matière de SSR ;
  • l’insuffisance des moyens technique et financier ;
  • le non prise en charge psychologique de la victime ;
  • les difficultés d’accès aux financements des activités de la CAPSSR-BF.

Les restitutions de ces travaux ont clos la dernière journée de la formation qui a avait débuté avec l’enregistrement du débat-télé sur le plateau de la télévision  bf1  sur le thème : la législation Burkinabè et l’avortement .

C’est une émission qui a été animé par les participants (champions) et les représentants de la SOGOB et de l’ABSF-M.

Avant la clôture de la cérémonie, des rappels ont été faits; il s’agit entre autres :

  • De la définition d’un certains nombres de concepts qui outille d’avantage les champions et championnes dans leurs actions quotidiennes de lutte contre la stigmatisation : avortement spontané ; avortement provoque ; avortement a risque avec toutes ses complications aussi bien maternelles que fœtal ; la mortalité maternelle ; la violence ; les genres de violences ; la stigmatisation ainsi que la discrimination.
  • De l’intensification des actions de sensibilisation envers l’ensemble des couches sociales afin de réduire la stigmatisation vis-à-vis de celles qui ont recours à l’avortement.

Les travaux se sont déroulés dans une ambiance cordiale. Ce fut l’occasion de présenter aux participants l’objectif recherché à travers l’organisation de cet atelier. Ainsi, des échanges de points de vue, de questions/réponses ont contribué à faciliter l’identification des stratégies.

 

  1. RECOMMANDATIONS ET SUGGESTIONS

A l’issue de cet atelier, les recommandations et suggestions suivantes ont été formulées :

  • Intensifier la campagne de vulgarisation de de la loi 049 Portant sante de la reproduction afin de permettre une saine pratique de l’interruption de la grossesse ce qui peut diminuer le sentiment de honte et de remord des personnes ayant recours à cette pratique, et de fait la stigmatisation.
  • Des actions de sensibilisation à travers la production d’émission télé et radio, des sketchs, des théâtres forum devraient être fait envers les populations. Des artistes pourraient été mis à contribution.
  • L’ensemble des acteurs travaillant dans le domaine de la santé de la reproduction notamment les praticiens de la santé ainsi que les acteurs du monde judiciaire et les autorités devraient travailler en symbiose afin de réduire la stigmatisation face aux cas d’avortement ;
  • Procéder a une véritable répression des personnes auteurs de violences sexuelles envers les femmes ;
  • Préconise la relecture de la loi SR afin de mieux tenir compte de l’évolution sociale culturelle.

 

Conclusion

La formation s’est déroulée dans une ambiance conviviale avec une forte implication et une pleine participation des participants.

Selon les résultats du questionnaire d’évaluation de la formation, trois (03) participants sur un quatre (04)  des participants disent être très satisfaits de la prestation de la  formatrice  pour la qualité des prestations, l’esprit de partage d’expériences et les informations données qui permettent de mieux comprendre l’ampleur de la stigmatisation de la femme burkinabé face à l’avortement. Ils ont également apprécié les stratégies proposées en vue de lutter contre cette stigmatisation. Ils ont moins apprécié la durée de la formation qu’elle trouve très courte pour une meilleure assimilation de tout le contenu de la formation. Aussi ils estiment que l’atelier n’a pas été bien organisé vu l’importance du thème abordé. Conscient qu’en toute chose la prévention est mère de sureté, les participants à l’atelier ont unanimement reconnu que, un véritable travaille d’éducation sexuelle envers les adolescents est nécessaire afin de prévenir les cas de grossesse a risque, précoce, indésirée et. Ce fut dans une ambiance de fraternité, de franche collaboration, et satisfait des avancées sur une bonne compréhension du phénomène de stigmatisation que les participants se sont quittés en ce jour du 27 Octobre 2016.